Biographie Zimmer

Louis Zimmer (1888 - 1970)

 

Le père de Louis Zimmer arriva plutôt par hasard à Lier. Il naquit en 1846 à Wardin, un petit village dans la région de Bastogne (province de Luxembourg) et était horloger de profession. Pendant la guerre de 1870, il fut incorporé dans la gendarmerie et chargé de surveiller la frontière, ce qui s'avéra être une mission assez monotone. Après la guerre, qui ne durait que quelques semaines, il dut toutefois terminer son terme de trois ans et fut transféré à Lier. Au mois d'août 1878, il épousa à Anvers Maria Elisabeth Lauwers, originaire de Wilrijk, et s'établit comme horloger à Lier, d'abord dans la Kerkstraat et plus tard dans la Heilige Geeststraat, dans une maison appelée "Het Klaverblad" [La Feuille de Trèfle]. Son affaire fut bientôt appelée "bij den gendarm" [chez le gendarme] par les Lierrois. Excepté un voyage chaque année en Suisse, le père Zimmer était plutôt un ermite qui passait la plupart de son temps dans son petit atelier à l'ombre de la tour Saint-Gommaire. Derrière la petite façade blanche, ornée d'une jolie statuette de Sainte-Anne, naquit Louis Zimmer le 8 septembre 1888, à onze heures du soir. Louis était le dernier rejeton d'une série de sept.

 

Sa jeunesse

 

Déjà au cours de ses études secondaires, Louis Zimmer excellait en mathématiques et en astronomie. A la fin de ses études, Louis aida son père à l'atelier, ce qui fut d'ailleurs son meilleur apprentissage dans le domaine de l'horlogerie. Il se passionnait pour tous ces rouages qui réglaient si mystérieusement le temps. Il suivait attentivement le travail minutieux de son père et recherchait patiemment les causes des défaillances des mécanismes des horloges apportées en réparation. Plus tard, il se mit en quête avant tout du pourquoi de toutes ces choses et se plongea dans les secrets du métier.

Le tirage au sort pour entrer sous les armes fut favorable à Louis, car il tira un numéro qui le dispensa d'accomplir ses années de service sous les drapeaux. Il fut toutefois incorporé dans la garde civique.

Le 22 août 1916, Louis Zimmer épousa Bertha Dirckx, originaire de Lint. La première guerre mondiale fut relativement calme pour le jeune couple. Au cours de cette période, Louis se mit à étudier sérieusement l'astronomie et la géologie. Ce fut une véritable exploration de tout ce qui concernait la division et la mesure du temps. Des ouvrages scientifiques furent acquis et soigneusement consultés, ce qui résulta en une bibliothèque de grande valeur.

Avant son mariage, Louis avait déjà fait quelques voyages à l'étranger à destination de l'Italie et de la Suisse, afin d'y étudier les mécanismes d'horloges les plus célèbres et de visiter les principales fabriques d'horlogerie. Après la guerre, il visita l'Institut Royal Météorologique à Bruxelles et les tours les plus intéressantes de sa terre natale. De tous les côtés, il fut fait appel à Louis Zimmer pour ses vastes connaissances en matière de mécanismes d'horloges et de carillons.

 

 

Le génie

 

A côté de ses activités d'horloger, Louis Zimmer réalisa un nombre impressionnant d'horloges et de carillons relativement compliqués. Pendant les années de guerre 1914 - 1918, il construisit sa première pendule merveilleuse comportant onze cadrans, qu'il offrit au Roi Albert I à la fin des hostilités. Pour le Roi Léopold III, Zimmer fabriqua un magnifique cadran solaire en guise de cadeau de mariage. La Princesse Marie-José reçut à l'occasion de son mariage une pendule avec les phases de la lune et le nouveau calendrier, lequel ne devait toutefois jamais prendre cours.

Auparavant, Zimmer avait conçu un mécanisme unique, pour lequel il avait pris au préalable son premier brevet, destiné à améliorer l'horloge, le battant et le carillon de la tour Saint-Gommaire. Même l'éclairage de l'horloge de la tour était considéré en 1925 comme unique en Europe. Le 29 juin 1930, son Horloge du Centenaire, logée dans la tour Cornelius entièrement restaurée, fut inaugurée solennellement. Un an plus tard, le studio astronomique comportant un planétarium y prit également place. Louis Zimmer construisit l'Horloge Merveilleuse à l'occasion de l'exposition universelle de Bruxelles en 1935. Ce chef-d'œuvre fut ensuite exposé en juillet 1938 à l'exposition universelle de New York et ne revint à Lier que seize ans plus tard. L'Horloge Merveilleuse fut alors installée dans le pavillon Zimmer fraîchement construit.

 

Zimmer 80

 

En 1963, lors de la visite royale à Lier, Louis Zimmer reçut des mains du Roi Baudouin l'insigne honorifique d'Officier de l'Ordre de Léopold. En 1966, Louis et son épouse furent fêtés de façon grandiose et chaleureuse à l'occasion de leurs noces d'or.

Le 8 septembre 1968, Louis Zimmer fut mis à l'honneur par la ville de Lier à l'occasion de son 80e anniversaire. Le matin, une messe solennelle de remerciement fut ainsi célébrée à l'église Saint-Gommaire et, au cours de l'après-midi, une plaque commémorative créée par le sculpteur René Boschmans fut inaugurée sur la maison de Zimmer. Accompagnée de la foule lierroise, l'assemblée se retrouva ensuite au musée municipal où se déroula une séance académique. Du discours du Bourgmestre de l'époque, Frans Breugelmans, citons : "De Louis Zimmer, ce Lierrois de pure souche, qui, totalement désintéressé, a mis sa science au service de sa ville et des Lierrois, nous pouvons dire à juste titre qu'il est le fondateur du tourisme à Lier. Depuis 1930, la tour Zimmer est devenue synonyme de Lier dans le pays et à l'étranger." Au nom de toute la population, le bourgmestre rendit ensuite hommage aux talents de Louis Zimmer. Madame Zimmer fut également inclue dans cet hommage. Le président du comité de la tour Zimmer, Monsieur Roofthooft, déclara quant à lui : "Deux grands courants se dégagent de cet homme exceptionnellement doué : sa passion irréductible pour la matérialisation et une meilleure connaissance de tout ce qui a trait aux astres et son grand amour pour sa ville natale."

L'allocution de la fête fut prononcée par le Professeur Dr. A. G. Velghe, directeur de l'Observatoire Royal. Il dit à propos de la tour Zimmer "elle est bien plus qu'une simple curiosité touristique", insista sur la grande valeur didactique de l'œuvre de Louis Zimmer et déclara qu'elle constituait l'essence même de la tour Zimmer. "La tour Zimmer est le maillon entre le profane et le spécialiste qui suscite l'élan et fait réfléchir l'être humain plus profondément encore au sujet des rouages mystérieux qui contrôlent tous les mouvements dans l'Univers. Aujourd'hui, où chacun s'efforce de mettre en avant l'élément visuel dans l'enseignement et de favoriser davantage la vulgarisation de la science, il peut être affirmé sans conteste que la tour Zimmer a à accomplir, encore plus que dans le passé, une noble tâche."

Un télégramme de bonheur de la part du Roi Baudouin et de la Reine Fabiola fut également lu au cours de la séance. Ce jour de fête se termina par un grand bal populaire.

 

Le citoyen d'honneur

 

Au cours de la séance du conseil municipal du 13 juin 1970, Louis Zimmer fut nommé premier citoyen d'honneur de la ville de Lier à l'occasion du 40e anniversaire de l'inauguration de la tour Zimmer et reçut également la médaille d'argent du mérite touristique. Après la cérémonie, toute la foule lierroise salua le premier citoyen d'honneur de Lier. Ensuite, Louis Zimmer continua à accomplir avec assiduité son travail quotidien, la réparation d'horloges et avant tout l'entretien de sa tour Zimmer. Son compagnon le plus fidèle fut certainement Pier Brawers à qui Zimmer communiqua sa connaissance du mécanisme merveilleux, dans tous ses rouages.

Louis Zimmer s'éteignit à l'âge de quatre-vingt-deux ans le samedi 12 décembre 1970, à huit heures du matin et fut conduit à sa dernière demeure le jeudi 17 décembre, où une foule impressionnante de Lierrois fit ses derniers adieux à son citoyen d'honneur. Le convoi funèbre passa devant la tour Zimmer, où eut lieu le défilé de rois et de bourgmestres en hommage à son génial concepteur.

Au moment où le cercueil de Louis Zimmer pénétra dans l'église Saint-Gommaire, la cloche de Salvator, laquelle s'était tue depuis déjà quelques années en raison de l'état préoccupant de la tour, se mit à tinter. Ici aussi, une exception fut faite pour un homme exceptionnel - Ludovicus Emilius Zimmer.